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L'Erreur du Radicalisme
Pourquoi le musulman doit-il éviter le radicalisme
et préférer la tolérance?
HARUN YAHYA
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Le radicalisme se définit notamment d'une part par un soutien à
tout changement révolutionnaire, d'autre part par l'application
d'une stricte politique sans concession en vue de réaliser ce changement.
En outre, les radicaux se caractérisent par leur dureté et parfois
par l'attitude agressive qu'ils adoptent.
Sur ce point, comme dans chaque domaine de la vie, le guide des
musulmans est le Coran. Quand nous considérons le radicalisme à
la lumière du Coran, nous voyons qu'il n'a rien à voir avec l'attitude
recommandée par Dieu à Ses croyants. Quand Dieu décrit un croyant
dans le Coran, il le dépeint comme une personne affectueuse et douce,
évitant les conflits et les polémiques, côtoyant même les personnes
les plus hostiles chaleureusement et amicalement.
L'ordre donné par Dieu à Moïse et à Aaron d'aller à Pharaon et
de lui parler doucement est un exemple qui nous éclairera sur ce
point:
Allez vers Pharaon: il s'est vraiment rebellé. Puis,
parlez-lui gentiment. Peut-être se rappellera-t-il ou (Me) craindra-t-il?
(Le Coran, sourate Ta-Ha, versets 43-44)
Pharaon était l'un des mécréants les plus cruels et rebelles de
son temps. Cet homme fut un despote qui nia Dieu et adorait les
idoles; d'ailleurs, il fit subir aux croyants (les juifs de l'époque)
des tortures d'une cruauté redoutable. Malgré tout, Dieu commanda
à Ses Prophètes de rencontrer cet homme si hostile et de lui parler
avec douceur.
Il est à noter que la voie conseillée par Dieu était celle du dialogue
amical, et non la voie du conflit et des mots acerbes, des discours
de colère et des protestations tourmentées.
Il y a quelques autres exemples dans le dialogue entre Chuaïb et
les dénégateurs pour montrer aux musulmans la façon d'agir. Ce dialogue
se présente ainsi dans le Coran:
Et (Nous avons envoyé) au Madyan, leur frère
Chuaïb qui leur dit: "Ô mon peuple, adorez Allah; vous n'avez point
de divinité en dehors Lui. Et ne diminuez pas les mesures et le
poids. Je vous vois dans l'aisance, et je crains pour vous (si vous
ne croyez pas) le châtiment d'un jour qui enveloppera tout.
Ô mon peuple, faites équitablement pleine mesure
et plein poids, ne dépréciez pas aux gens leurs valeurs et ne semez
pas la corruption sur terre.
Ce qui demeure auprès d'Allah est meilleur pour vous si vous êtes
croyants! Et je ne suis pas un gardien pour vous".
Ils dirent: "Ô Chuaïb! Est-ce que ta prière
te demande de nous faire abandonner ce qu'adoraient nos ancêtres
ou de ne plus faire de nos biens ce que nous voulons? Est-ce-toi
l'indulgent, le droit?"
Il dit: "Ô mon peuple, voyez-vous si je me base
sur une preuve évidente émanant de mon Seigneur, et s'Il m'attribue
de Sa part une excellente donation? Je ne veux nullement faire ce
que je vous interdis. Je ne veux que la réforme, autant que je le
puis. Et ma réussite ne dépend que d'Allah. En Lui je place ma confiance,
et c'est vers Lui que je reviens repentant." (Le Coran, sourate
Hud, versets 84-88)
A la lecture de ces versets, nous voyons que Chuaïb a invité son
peuple à croire en Dieu et à adopter de nobles principes moraux.
Il s'employa à cet égard avec amitié et humilité. Nous pouvons expliquer
certaines des raisons derrière les mots qui se trouvent dans ces
versets:
- Quand Chuaïb dit: "Je ne suis pas un gardien
pour vous" à son peuple, il ne veut pas les dominer. Sa
seule intention est de les avertir de la vérité que Dieu a révélée.
- "C'est toi l'indulgent, le droit":
ces mots des mécréants à Chuaïb montrent son caractère tempéré,
doux et courtois, particulièrement apprécié par les mécréants.
- "Ô mon peuple! Que diriez-vous si…":
cette expression employée par Chuaïb prouve qu'il invite les mécréants
à utiliser leur intelligence et leur conscience. En d'autres termes,
il n'use pas d'une constante pression, mais remet en question
leurs idées, sous un angle différent, les invitant ainsi à réfléchir
et à tirer une conclusion en leur âme et conscience.
- "Je ne veux nullement faire ce que je vous
interdis". Il n'est pas véritablement question ici d'une
interdiction. Chuaïb explique que certains actes sont pervers
et invite son peuple à les abandonner. D'ailleurs, quand il dit:
"Je ne veux nullement faire ce que je vous
interdis", son but n'est guère de polémiquer. Il ne désire
ni embarrasser son peuple ni l'amener à la querelle. Il veut seulement
l'appeler à la foi et à la pratique des valeurs morales approuvées
par Dieu.
Si nous lisons attentivement le Coran, nous verrons qu'une humeur
tempérée, douce et tolérante caractérise tous les Prophètes. Dieu
décrit Abraham comme plein de sollicitude et indulgent:
Abraham était certes plein de sollicitude et indulgent.
(Le Coran, sourate at-Tawbah, verset 114)
Le verset suivant décrit les principes moraux du Prophète Muhammad:
C'est par quelque miséricorde de la part d'Allah que
tu (Muhammad) as été si doux envers eux! Mais si tu étais rude,
au c¶ur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. Pardonne-leur
donc, et implore pour eux le pardon (d'Allah). Et consulte-les à
propos des affaires; puis une fois que tu t'es décidé, confie-toi
donc à Allah, Allah aime, en vérité, ceux qui Lui font confiance.
(Le Coran, sourate al-Imran, verset 159)
La colère est une caractéristique évidente du radicalisme. On la
perçoit avec clarté dans les discours, les écrits ou encore les
démonstrations des radicaux. Cependant, la colère n'est pas une
qualité islamique. Dieu décrit les croyants dans le Coran tels des
personnes "qui dépensent dans l'aisance et dans
l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car
Allah aime les bienfaisants -…" (Le Coran, sourate al-Imran, verset
134)
Le musulman ne connaît aucune situation dans laquelle il se laisserait
aller à la colère. Il invite les autres à croire en Dieu et à vivre
selon les principes moraux Coraniques, mais cela n'est possible
que par la grâce de Dieu. Quoi que nous fassions, pour expliquer
la vérité aux gens, les c¶urs sont dans les mains de Dieu. Il rappelle
aux musulmans ce fait primordial par le verset suivant :
S'il y avait un Coran à mettre les montagnes en marche,
à fendre la terre ou à faire parler les morts (ce serait celui-ci).
C'est plutôt à Allah le commandement tout entier. Les croyants ne
savent-ils pas que, si Allah voulait, Il aurait dirigé tous les
hommes vers le droit chemin. Cependant, ceux qui ne croient pas
ne manqueront pas, pour prix de ce qu'ils font, d'être frappés par
un cataclysme ou (qu'un cataclysme) s'abattra près de leur demeures
jusqu'à ce que vienne la promesse d'Allah. Car Allah, ne manque
pas Sa promesse (Le Coran, sourate ar-Rad, verset 31)
Il y a un autre verset qui souligne ce même fait:
Si ton Seigneur l'avait voulu, tous ceux qui sont
sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens
à devenir croyants? (Le Coran, sourate Yunus, verset 99)
Par conséquent, le devoir du musulman consiste seulement à exposer
les vérités et à inviter les gens à les accepter. Que les gens acceptent
l'invitation ou la refusent dépend complètement de leur propre conscience.
Dieu le rappelle dans le Coran en indiquant qu'il n'y a aucune contrainte
en islam:
Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est
distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis
qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se
briser. Et Allah est Audient et Omniscient. (Le Coran, sourate al-Baqara,
verset 256)
Il n'y a donc aucune contrainte, ni pour que les gens croient,
ni pour que les musulmans accomplissent leurs prières ou se gardent
du péché. Il y a seulement le conseil. Dieu indique dans certains
versets adressés au messager de Dieu que les musulmans ne sont pas
des oppresseurs:
Nous savons mieux ce qu'ils disent. Tu n'as pas pour
mission d'exercer sur eux une contrainte. Rappelle donc, par le
Coran celui qui craint Ma menace. (Le Coran, sourate Qaf, verset
45)
Dis: ‹Ô gens! Certes la vérité vous est venue de votre
Seigneur. Donc, quiconque est dans le bon chemin ne l'est que pour
lui-même; et quiconque s'égare, ne s'égare qu'à son propre détriment.
Je ne suis nullement un protecteur pour vous. (Le Coran, sourate
Yunus, verset 108)
Les musulmans ont seulement le devoir d'expliquer leur religion,
nullement d'exercer une quelconque pression ou une contrainte sur
les non-musulmans. Ils prennent plaisir à parler d'une façon tendre
et amène aux mécréants les plus tyranniques. Aussi, ne peuvent-ils
être radicaux, car le radicalisme incarne l'attitude opposée. Le
radicalisme, courant de pensée non-islamique, est une position politique
qui s'est introduite dans le monde musulman de l'extérieur. L'examen
sociologique des phénomènes relatifs au radicalisme permet de comprendre
que cette idéologie est fondamentalement propre, dans ses méthodes
et ses manifestations, aux communistes ou bien constitue une expression
de la bigoterie et de l'ignorance qui n'ont aucune place dans l'islam.
Tous les musulmans doivent totalement condamner toute attitude
agressive et radicale, tout à fait contraire à la nature du Coran,
pour adopter une attitude amicale, douce, tolérante, calme et compatissante.
Ils doivent être un exemple pour le monde et être appréciés pour
leur maturité, leur tolérance, leur modération, leur modestie et
leur pacifisme. Les musulmans doivent pratiquer l'islam de la meilleure
façon et être ses représentants dans le monde, non seulement en
agissant selon ces qualités spirituelles, mais également en se distinguant
dans les domaines de la science, de la culture, de l'art, de l'esthétique
et de l'ordre social etc..
Communiquer l'islam aux autres et le défendre contre des idées
étrangères à lui sont aussi du devoir des musulmans. Dans le verset
ci-dessous, Dieu indique clairement quelle attitude le musulman
doit adopter à l'égard d'autrui:
Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les
gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure
façon. Car c'est ton Seigneur qui connaît le mieux celui qui s'égare
de Son sentier et c'est Lui qui connaît le mieux ceux qui sont bien
guidés. (Le Coran, sourate an-Nahl, verset 125)
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